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L’initiative pour un salaire minimum : une menace pour la compétitivité de la Suisse

L’initiative « Pour la protection de salaires équitables », exigeant un salaire minimum de 22 francs de l’heure, a passé en votation le 18 mai et a été largement rejeté par la population suisse.

Classée au premier rang mondial des pays les plus compétitifs par le WEF et au deuxième rang par l’IMD, la Suisse est un modèle de prospérité. Si elle aurait été acceptée, l’initiative des syndicats aurait provoqué indubitablement un « dommage collatéral » en mettant à mal la compétitivité des entreprises suisses sur les marchés mondiaux. Suivant de près l’acceptation de l’initiative « Contre l’immigration de masse » par le peuple suisse, l’obligation d’assurer un salaire mensuel de 4000 francs aurait des conséquences néfastes sur le marché du travail et le partenariat social, en engendrant notamment des coûts élevés pour sa mise en œuvre, un contournement des contraintes juridiques et une diminution de l’accès au travail. Un environnement national complexe, avec une bureaucratie omniprésente et une surcharge réglementaire, menace la prospérité suisse.

Cette initiative désavantagerait les entreprises suisses qui interviendraient dans des marchés souvent inéquitables. Les multinationales contribuant à 36% du PIB suisse, ce risque ne doit pas être pris à la légère. Ces types d’initiatives provoqueraient des délocalisations ou une externalisation des emplois peu rémunérés et dissuader les investisseurs étrangers. Des effets négatifs sur les revenus fiscaux, les cotisations sociales et la création d’emplois en seraient les terribles conséquences.

Historiquement, la Suisse a bénéficié d’un marché du travail libéral sous-tendu par des partenariats sociaux solides entre employeurs et employés. Les initiateurs doutent que ce soit encore le cas. Ils critiquent la rémunération excessive des cadres dirigeants et demandent plus de « justice sociale ». Cette revendication est mieux défendue par les lois et codes de conduite, qui renforcent et améliorent la gouvernance, la transparence, le droit des actionnaires et la responsabilité sociale des entreprises, que par les limites salariales dictées par le monde politique. La compétitivité est plus une question d’égalité des chances et de responsabilisation des entreprises que de diktat gouvernemental.